HiStOiReS InDiEnNeS
VOYAGE REEL et IMAGINAIRE en INDE du N.O. (été 2006) : UTTARANCHAL (UTTARAKHAND), PUNJAB, HIMACHAL PRADESH. "Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination". (L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit).

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Album photos
Archives
Mes amis

Rubriques

A1. PREAMBULE
A2. Les trois ITINERAIRES
B1. VIVE le FOOT !
B2. En ATTENDANT la MOUSSON
C. De la YAMUNA au GANGE
D1. MONTEE aux TEMPLES de RISHIKESH
D2. RISHIKESH, INCREDIBLE YOGA
D3. RISHIKESH ou le SERPENT de LAXMAN JHULA
E1. YAMUNOTRI, PELERINS du GUJARAT
E2. SOURCES d EAUX CHAUDES
E3. CHAR DHAM
E4. CRAZY DRIVER
E5. A la SOURCE du GANGE, GAUMUKH
F. APOLOGIE du TRAIN
G1. DECLARATION d AMOUR
G2. Aux HIMALAYENS
G3. L ALTITUDE chez les SINGES
H1. La VALLEE des FLEURS
H2. Au LAC SACRE du HEM KUND, 4329 m
I1. CHANDIGARH : le ROCK GARDEN, de NEK CHAND
I2. CHANDIGARH : ENTRETIEN avec NEK CHAND
I3. CHANDIGARH : la MAIN OUVERTE, de LE CORBUSIER
I4. NUIT de FEU
I5. CHANDIGARH : PARC, JARDINS, FLEURS
J. ENIGME au TEMPLE D'OR d'AMRITSAR
K. ANIMALERIES
L1. SIGNES D'INDIANITE
L2. POEME du TEMPS QUALIFIE
M1. VIVE le TIBET LIBRE !
M2. DHARAMSALA ou la ROUE du TEMPS
N. La MOUSSON, ca MOUILLE
O. SHRAVANABELAGOLA, L ART des JAINAS (I)
P. De passage a DELHI
Q1. A PARIS, je CAMPE
Q2. FAIRE PART de NAISSANCE ELECTRONIQUE
R. FETE de GANESH a PARIS
S1. L INDE a PARIS (sept. 2006)
S2. L INDE a PARIS (Oct. 2006).

Menu

http://inde2.uniterre.com
http://inde3.uniterre.com
http://sikh.uniterre.com
http://nepalaises.uniterre.com
http://bouddha.uniterre.com
http://nepalaises.blogspot.com
http://route-des-indes.blogspot.com
http://bouddhique.blogspot.com
http://jainiste.blogspot.com
http://hindouistes.blogspot.com
http://durajasthan.blogspot.com
http://gujarates.blogspot.com
http://hindou.uniterre.com
http://darjeeling.uniterre.com
http://jain.uniterre.com
http://vagabonder.uniterre.com
http://georgia.uniterre.com


CHANDIGARH : le ROCK GARDEN de NEK CHAND (9 août 2006). Avec 24 PHOTOS.

 

 

Le ROCK GARDEN

 

de

 

NEK CHAND


 

(Chandigarh)

 

 

 

 

 

 

Oubliez toutes vos connaissances, vos soucis, videz votre esprit, libérez-le pour accueillir une expérience nouvelle.

Cela n'arrive pas chaque jour de notre vie...

Vous approchez de l'entrée. Sur le mur recouvert de galets, des cygnes se penchent vers vous. Bienvenue au Rock Garden !

 

 

Vous allez entrer dans un labyrinthe de rochers, de statuettes, de plantes, d'arbres et de fleurs, dans un labyrinthe que seuls les rêves poursuivis avec acharnement arrivent parfois à concrétiser.

 

 

Un jour de 1958, Nek Chand a commencé.

Chaque soir après son travail, il a continué.

Et aujourd'hui, chacun a le privilège d'entrer dans son monde.

Il suffit de baisser la tête, car les portes sont plutôt basses.

Ensuite, suivez le sentier.

Le palais des rêves s'échelonne au fil des escaliers, des places traversées, des rivières franchies, des cascades inattendues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous passez entre deux murs recouverts de céramiques, sous une porte basse dont le linteau est incrusté de prises électriques.

 

 

 

 

Voici un long couloir dont les murs sont truffés de tubes fluorescents, de débris de tasses, de plats ou d'assiettes, surmontés de poteries alignées qui vous surveillent. Rassurez-vous. Pas de caméra, ce n'est pas le genre de Saini Nek Chand.

Comme Le Corbusier, Saini est un créateur. Tout cet espace vierge à occuper avec la fondation de Chandigarh... C'est l'ère des créations mythologiques. Et Saini a pensé : Pourquoi ne pourrai-je pas construire moi aussi un Royaume ?

 

 

Alors il imagine une, dix, des centaines de statuettes, en ramassant des rochers aux formes bizarres, des tessons d'assiettes, des morceaux de céramiques, il récupère tout ce qui lui est nécessaire. Dans le plus grand secret, il transporte à l'arrière de son vélo ciment et rochers jusqu'à une zone de brousse mystérieuse. Pendant dix-huit ans, le jardin des fééries s'agrandit... mais est découvert en 1976.

 

 

Les autorités le condamnent à la destruction. Occupant indument le terrain, le squatter Chand doit défendre son oeuvre. Elle est sauvée grâce à la mobilisation de citoyens, d'organes de presse.

Ensuite, les autorités décident même d'aider Nek Chand. Il peut continuer à plein temps, fourmi polarisée par son projet insensé. Insensé ? Très intelligent, au contraire !

 

 

J'ai vu deux photos de Saini Nek Chand, parmi les passionnantes archives exposées gratuitement au City Museum.

Photos d'un homme âgé, illustrant deux articles de presse de 1997, en anglais. D'après l'un de ces articles, il aurait 81 ans aujourd'hui.

J'aimerai beaucoup le rencontrer. De longues discussions seraient superflues. Simplement, le voir travailler en silence me plairait. Le voir à ce travail qui donne à sa vie toute sa dimension.

D'après un journaliste, son sourire est très doux. Une fourmi au doux sourire ! La nature réalise des miracles, dont la plupart demeurent à jamais inconnus.

 

 

Les Indiens se promènent volontiers dans les espaces inventés par Chand. Plusieurs entrées et sorties sont possibles. On peut prendre des raccourcis. Mais alors, on ne voit pas tous les palais, les chutes d`eau, les temples ou les théâtres...

 

 

 

 

La cascade aux Trois Pavillons est une magnifique surprise. On pense aux Jardins du Generalife à Grenade, avec une belle cascade en supplément. Les visiteurs adorent s'y faire photographier.

Plus loin, c'est la place au Puits, où ce dernier est surmonté d'une armature métallique en forme de cloche.

 

 

 

 

Vous croyez être au bout de ce circuit ? Plusieurs places et volées d`escaliers sont nécessaires pour arriver à un énorme mur d'eau.

 

 

 

 

Au-dessus, des sculptures d'hommes assis sur un tabouret contemplent la cascade. Cela mène au toit-terrasse du palais.

 

 

 

 

Du haut des pavillons carrés, aux toits en bulbe recouverts d'éclats de céramiques multicolores, la vue est magnifique sur les environs boisés.

 

 

 

 

 

Ciel bleu d'azur, lumière douce de début de soirée.

 

 


 

 

Dans une zone proche de la sortie, Nek Chand a multiplié les séries de sculptures identiques. Des dizaines de chiens à la bouche ouverte, aux yeux turquoises.

 

 

 

 

 

Des êtres humains debout, aux habits de fête barriolés, multicolores. Des ours dansant dressés sur leurs pattes postérieures. Des porteuses d'eau au repos. Des chiens-loups noirs tachetés de blanc aux dents agressives. Des vaches hilares, gondolées de rire.

 

 

 

 

 

Des dizaines d'êtres courbés vers la droite ou vers la gauche. Des oiseaux posés sur un mur.

 

 

 

 

 

Soudain, un peuple de singes, alignés comme les soldats d'une armée de la jungle, la queue figée au garde-à-vous, s'impose.

Vous passez devant les singes soldats, traversez la place, en silence.

 

 

 


Plus de 5000 sculptures peuplent son Royaume : beaucoup d'oiseaux, des hommes assis sur des sièges invisibles, des charmeurs de serpents, des ours dansant, des policiers en armes arrêtant un malfaiteur, des paons, des rois et des reines, des joueurs de tennis, des animaux bizarres, des hommes et des femmes au travail, des chameaux, des fidèles auprès d'une divinité, de grands cerfs, des amoureux, des buffles, des individus figés comme en extase...

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corps des statues est en ciment, déposé sur une armature de métal : tiges de fer rouillé, squelettes de vélos. Les selles de vélo servent de têtes. Leurs habits sont en céramiques ou peints, leurs cheveux sont humains. Chand les récupère chez les coiffeurs...

 

 

Nek Chand s'autorise royalement ce qui fut interdit à Le Corbusier : la représentation humaine !

Parallèlement au fourmillement d'animaux réels et imaginaires, il multiplie à plaisir toutes les formes de représentation humaine.

Rien de ce qui est humain n'est étranger à Chand.

Ses sculptures figurent les métiers, les sports, les religions...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au fond du Rock Garden, de vastes amphithéâtres incrustés de céramiques multicolores, des grottes à colonnades, sont appréciés des amoureux.

 

 

 

 


On est émerveillé par les céramiques, où dominent les mandalas.


 

 


 

Dans un carré, les cercles successifs sont décorés avec un goût sûr. Je repère de nombreux animaux en céramiques : poissons, paons sur le sol, et sur un mur une superbe libellule au corps vermillon et carmin.


 

 

 

 

 

 

 

Tout à fait au fond, une file d'éléphants se tenant par la queue semblent quitter le Jardin.

 

 

Sur cette Grand-Place, on peut manger des en-cas, boire, assister à des spectacles donnés sur une scène sonorisée. Des deux côtés de la scène, deux femmes se dressent, le torse voilé, portant un plat. Contre les murs de grottes, on a déposé de gros arbres en ciment aux racines apparentes. A côté, d'autres arbres sont en élaboration. On peut voir les tiges de fer rouillé de leur structure. Certaines grottes sont remplies de piliers recouverts de céramiques multicolores.

Mais ces vastes espaces sont des culs-de-sac. Il faut reprendre une partie du chemin parcouru à l'aller pour trouver une sortie.

 

 

Affamé, je mordais dans un friand peu avant la tombée de la nuit, quand la pleine lune, passant au-dessus d'un cheval perché sur le toit-terrasse d'une grotte, m'interrompit.

 

 

 


Des statues de chevaux alignées sur des dizaines de mètres rêvaient de rentrer à l'écurie. Ils attendaient que la place se vide peu à peu de ses familles, des commercants, de ses amoureux attardés, pour descendre de leur perchoir, piquer un galop salutaire en hommage à la lune, puis leurs prières faites, rentrer dans les grottes pour une nuit courte, mais bénie.

 

 

Au retour, je pense à ces chevaux, à leurs cavalcades blanches zébrant la nuit avec une vitesse insouciante.

Soudain, je vois Balzac rédigeant dans la passion un article sur La Chartreuse de Parme, d'un inconnu surnommé  Stendhal.

La tête du rédacteur en chef !

Un article aussi long qu'un livre... Mais peut-on arrêter une tornade ?

 

 

Nek Chand a choisi sa méthode.

Il suffit de commencer, de continuer chaque soir ou chaque jour et au bout de plusieurs décennies, son rêve s'est réalisé.

Simple, non ?

 

 

Je pourrai écrire des heures sur Saini Nek Chand, son Jardin de rochers, de sculptures, de débris de vaisselles, de céramiques et de poteries, car lorsqu'on aime, le temps ne compte plus.

 

 

Entré dans le labyrinthe, on sort du temps, on se hisse sur une vague d'éternité qui déferle, immobile, au coeur de l'Inconditionné - les succès ou les échecs ne comptent plus, la vie ou la mort importent peu - la vague d'éternité déroule ses anneaux de Serpent, tandis que des statuettes en armes, nues, prêtes au Combat, veillent sur le Rock Garden.

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

 
DROIT D'AUTEUR :


Les textes et les photographies présents sur ce blog http://inde.uniterre.com
sont protégés par le droit d'auteur et les droits de propriété intellectuelle.
 
 
Toute reproduction ou représentation, sans autorisation préalable de l'auteur, en tout ou partie, de tout texte présent sur ce site à d'autres fins sur un quelconque support est interdite.
 
 
Le non-respect de cette interdiction constitue une contrefaçon pouvant engager la responsabilité civile et pénale du contrefacteur.


 


Publié à 14:28, le 9/08/2006 dans I1. CHANDIGARH : le ROCK GARDEN, de NEK CHAND