ANiMaLeRies
Frise animalière sculptée
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SINGERIES
Point de vue à Hampi (Karnataka).
Singes ! La nourriture d'un homme vous tente ? Choisissez l'attaque surprise avec repli immédiat après le rapt du butin. Réussite assurée, sans compter la joie de déguster bananes ou autres friandises.
L'an passé du côté de Badami, j'attendais sur un quai de gare avec des biscuits. Un singe se laissa glisser du toit, attrapa mon paquet et grimpa sur son perchoir. Nulle parade possible à cette opération commando !
En août à Rishikesh, j'étais dans la salle-de-bain, quand un singe entra par la porte ouverte de ma chambre, saisit un sachet de bananes, fila sur la terrasse. Je le poursuivai mais il bondit sur un arbre et disparut.
En revanche, un singe attaquant frontalement un homme court des risques. Début août, je traverse à pied un des ponts de Rishikesh, un sachet de bananes accroché au guidon de mon vélo. Quand un singe, après des cris d'intimidation, se jette sur le sachet. Il se déchire mais reste accroché au guidon. Aussitôt, je crie, saute du vélo, prêt à tordre le cou de mon agresseur. Obligé de reculer, il renonce à mes bananes. Mais si j'avais eu un baton, Maître Singe aurait passé un sale moment...
Aussi, amis-singes, préférez la ruse, avec attaque-surprise. Cela marche, sans coup férir.
Un singe ne peut résister aux bananes. Ce n'est pas du vol, juste la vérification d'une loi physique.
Chaque nuit, les bananes rêvent de ne pas se faire éplucher. Mais l'existence des singes rend ces rêves quelque peu dérisoires...
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VACHES, BUFFLES, ZEBUS...
Boire un petit coup est agréable !
Quand on débarque en Inde, on ne voit que des vaches. Avec davantage d'expérience, on ne remarque même plus leur divine présence...
Au début de mon premier voyage en Inde, j'ai vu à Delhi trois vaches se coucher au-milieu d'une voie-express, n'y plus bouger, se prélasser avec une indifférence bouddhique - parmi un trafic démentiel. Malgré l'agression des klaxons, les odeurs d'essence brulées, malgré la chaleur insoutenable, elles restèrent en terrain conquis, jusqu'à ce que je m'en aille, ébahi et rêveur.
Certaines villes ont pris des mesures écartant les vaches, comme Bombay (au moins dans certains quartiers) ou Chandigarh, de facon radicale. Au bénéfice de la circulation automobile et cycliste. Les vaches, mêmes sacrées, doivent-elles être les perturbateurs de la circulation urbaine ?
Vaches sacrées, auxquelles les citadins semblent fort indifférents. J'ai vu deux ou trois fois un Indien frapper une vache avec un bâton. D'autres les nourrissent. La majorité les ignore.
Nettoyeurs des rues, les vaches mangent peaux de bananes, restes alimentaires, journaux... Elles broutent l'herbe des fossés, déambulent au ras des étals, pour grapiller un fruit ou un légume tombés ou pourris. Une audacieuse puise directement dans un sac de cacahouettes, puis croque une pomme. Le commercant prend un bâton pour punir Madame sans-gêne...
Quand on marche de nuit dans une obscurité quasi-totale, il est fréquent de se heurter à une vache, couchée ou endormie sur la chaussée. Les hommes préfèrent les trottoirs, ou bien s'allongent sur les bancs.
Puissants, les buffles noirs sont les animaux de trait idéaux. Souvent, ils tirent une charrue dans les champs, ou des charriots par les chemins, des troncs d'arbres. Ce sont de parfaits tracteurs.
La variété des formes de leurs cornes me passionne. En arc de cercle, au point que les deux cornes se touchent presque. Ou avec des cornes divergentes...
Par grande chaleur, ils se baignent dans l'eau et dans la boue, qui protège leur peau. Des oiseaux, aigrettes ou corbeaux, picorent les vers de leur cuir, pour le plus grand profit de chacun.
Au sud de l'Inde, les cornes des zébus sont peintes en rouge, en orange, toujours de couleurs vives. Des dessins, des rubans colorés les ornent. Cela égaie la vie quotidienne de leur propriétaire comme des passants.
Dans les hautes montagnes de l'Uttaranchal, les bus klaxonnent constamment, car les routes en lacets sont étroites. On ne sait si un véhicule arrive derrière un virage en épingle à cheveux. Effrayés par les klaxons, veaux et génisses piquent un sprint droit devant. Ils risquent de percuter un véhicule arrivant en sens contraire ou d'être fauchés par le bus, à cause d'un écart imprévisible du à la panique.
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ELEPHANTERIES
Bénédiction par l'éléphant d'un temple de Maduraï (Tamil Nadu).
L'éléphant est l'animal du temple hindou par excellence.
J'ai assisté plusieurs fois au bain de l'éléphant du temple principal de Hampi. Le cortège jusqu'à la rivière est solennel, nécessite des musiciens, un haubois corne l'arrivée de Sa Majesté l'éléphant, les enfants se réjouissent, courent dans tous les sens, les adultes retrouvent le sourire...
Sa Majesté entre dans l'eau, c'est un spectacle ! Le cornac guide la bête, la couche, et étrille son cuir avec application. Il propose à des volontaires de frotter Sa Majesté, il y en a toujours, et le bain se prolonge à plaisir. Le bain se répète plusieurs fois par jour. L'éléphant de Hampi est le plus propre de toutes les Indes présentes et à venir !
Dans le sud, l'éléphant continue à transporter des troncs d`arbres, à servir de tracteur, à participer aux travaux de la vie rurale. Personne ne s'incline devant lui pour présenter son front à sa bénédiction.
L'éléphant transporte aussi des touristes sur de brefs parcours, par exemple entre le bas d'une forteresse et l'entrée, dans plusieurs villes du Rajasthan. La promenade se paye au prix fort. Certains s'imaginent alors être un maharajah, au début d'une chasse au tigre...
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COMME CHIENS ET CHATS
Plage de Mamallapuram (Tamil Nadu).
Je n'ai pas grand chose à dire des chats. J'en croise rarement en Inde.
Les chiens sont beaucoup plus fréquents. Dans les hautes montagnes, on rencontre des Saint-Bernard, ou des chiens à longs poils.
Ailleurs, les chiens sont maigres, la tête affutée, de couleurs indéfinies. On dirait qu'à force de métissages, les races ont fini par donner un type standart de bâtards.
La plupart des chiens sont prudents, ne fréquentent pas les hommes de trop près. Par amour pour leur épiderme, je suppose. De caractère paisible, ils ne ratent pas une occasion de flemmarder.
Je suis tombé sur des exceptions.
Comme à Chandigarh, ou un chien m'agressa sans raison, aboyant hargneusement, me bloquant le chemin. Deux autres chiens, une femelle et un autre mâle, étaient présents. Peut-être étais-je victime d'un bizutage anti-humain ! J'ai fini par m'en débarrasser au culot, avec force cailloux, déterminé à lui faire quitter le terrain. Non sans mal...
A Mac Leod Ganj, la nuit d'août est peuplée de cris de chiens, les aboiements retentissent, se répondent, en déclenchent d'autres, et ces concerts nocturnes se prolongent des heures. Tranquilles le jour, les chiens s'agitent la nuit, hululent, rivalisent de nervosité.
Lionel Bonhouvrier.
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