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mon voyage 2007 en Inde
sur :
http://inde2.uniterre.com
JE NE VOYAGE PAS :
- pour me donner bonne conscience
- pour subventionner un orphelinat en Inde
- pour faire l'aumône à bon compte
- comme bénévole d'une O.N.G. humanitaire
- pour vérifier la bonne utilisation de mes dons
- comme héraut du commerce équitable
- pour payer moins d'impôts
- pour monter une boîte d'import-export
- comme poupée-gigogne de la Charité-business
- comme sous-marin sponsorisé des produits DINGO
- pour capter des subventions publiques ou privées
- pour trafiquer de produits licites ou illicites
- pour me shooter loin de mon quartier
- parce que l'Inde est à la mode
- pour exploiter sexuellement enfants et vaches-sacrées
- pour fonder une nouvelle secte
- comme une âme en quête de gourou
- pour changer de religion
- comme leader de la confrérie des Blogueurs qui débloquent
JE VOYAGE :
- parce que j'aime çà
- pour écrire, pour vivre
BIENVENUE dans "HiStOiReS InDiEnNeS" !
Lionel BonhOuVrIeR.
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Publié à 12:14, le dim 1 oct 2006 dans A1. PREAMBULE |
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LeS TrOiS ItInéRaIrEs
* En ce voyage, trois itinéraires sont indissociables :
- l'itinéraire géographique
- l'itinéraire littéraire et photographique
- l'itinéraire spirituel.
* L'ITINERAIRE GEOGRAPHIQUE :
1/ PARIS (4 juillet 2006).
2/ Avion pour MILAN. Avion pour : DELHI à 6600 km.
3/ DELHI (4 au 7 juillet).
4/ En train, à 268 km vers le NE : HARIDWAR (Uttaranchal) du 7 au 9 juillet.
Début du CHAR DHAM.
5/ Au nord, en bus (1h) : RISHIKESH (9 au 13 juillet).
6/ Plus de 200 km au Nord (12 h de bus) : HANUMAN CHATTI (13 juillet).
7/ Jeep pour Janki Chatti (14 km) à 2650 m.
Randonnée de 2 h pour YAMUNOTRI, à 3185 m (14 juillet).
8/ Descente à pied, jeep à Janki Chatti, retour à HANUMAN CHATTI (14/07).
9/ 215 km, soit 12h30 de bus pour GANGOTRI (15 juillet), à 3048 m.
10/ Randonnée jusqu'à BHOJBASA à 3782 m (16 juillet).
11/ Randonnée de 5 km jusqu'à GAUMUKH, à 3892 m. Puis redescente jusqu'à Gangotri (17 juillet).
12/ Jeep Gangotri-Uttarkashi (97 km, en 4h). "Crazy Driver !"
13/ UTTARKASHI (17 au 19 juillet).
14/ Deux bus pour Srinagar, puis Rudraprayag (159 km). Enfin jeep pour GAURIKUND (65 km). De 6h à 19h, soit 13h de trajet (20 juillet).
15/ Randonnée de 14 km : de Gaurikund (1981 m) à KEDARNATH (3584 m). Belle grimpette... Descente, retour à GAURIKUND le soir (21 juillet).
16/ Bus Gaurikund-Badrinath (229 km) de 5h à 18h. Durée : 13h. (22 juillet).
17/ BADRINATH (22 au 23 juillet).
18/ Promenade de 4 km à MANA (23 juillet). Puis retour à Badrinath.
19/ Bus Badrinath-Rishikesh (298 km). Durée : 12h30.
20/ RISHIKESH (24 au 29 juillet).
21/ Bus : Rishikesh-GOVINDGHAT (270 km en 13h) le 30 juillet.
22/ Grimpette de 14 km jusqu`à GANGARIA sous la pluie pendant 4h30 (31 juillet).
23/ 1er août : Le LAC du HEM KUND. Trek en 3h, passant de 3050 m à Gangaria à 4329 m au Hem Kund. Descente en plus de 2h... en sandales.
24/ Le 2 août, randonnée dans la VALLEE des FLEURS, entre 3600 et 3800 m.
25/ Descente à pied (de 6h à 10h30) de GANGARIA à GOVINDGHAT (14 km) en plus de 4h. Puis 3 jeeps successives dans la journée pour Rishikesh (à minuit). Durée du trajet : 18 heures... (3 août).
26/ RISHIKESH (du 4 au 7 août).
27/ Bus pour DEHRA DUN. Puis, 216 km vers le NE, entrée au Pendjab en bus jusqu`à CHANDIGARH (7 août).
28/ CHANDIGARH (du 7 au 14 août).
29/ Toujours vers le NO, en bus, à AMRITSAR (15 au 18 août).
30/ Entrée dans l`Himachal Pradesh, en bus à MAC LEOD GANJ (18 août), où je séjourne (18 au 24 août).
31/ C`est à 9 km de DHARAMSALA, où je vais régulièrement.
32/ Bus de nuit pour DEHRA DUN (20h à 10h30). Ensuite, bus pour RISHIKESH (24 et 25 août).
33/ RISHIKESH (25 au 27 août).
34/ Bus pour DEHRA DUN, puis bus pour DELHI (27 août).
35/ DELHI (27 et 28 août).
36/ Deux avions : Delhi-Milan, Milan-PARIS (29 août 2006).
* Quant à l' ITINERAIRE LITTERAIRE, plusieurs textes restent à écrire :
1/ Frontière Inde-Pakistan
2/ Sur les gurdwaras (temples sikhs)
3/ Conseils en montagne
4/ Histoires de bus
5/ Sites et art jaïnas.
* L'ITINERAIRE PHOTOGRAPHIQUE se complète avec :
- "La Fête de Ganesh à Paris" (36 photos)
- "Sravanabelagola" (25)
- "Ghangaria ou la Vallée des Fleurs" (24)
- "Le Rock Garden de Nek Chand" (24)
- "Chandigarh : parcs, jardins, fleurs" (21)
- "Au lac sacré du Hem Kund" (17)
- "Dharamsala ou la Roue du Temps" (15)
- "A la source du Gange, Gaumukh" (13)
- "La Main ouverte de Le Corbusier" (12)
- "Vive le foot !" (8)
- "Enigme au Temple d'Or d'Amritsar (7)
- "Pèlerins du Gujarat" (5)
- "Animalerie" (5), etc.
* Et L'ITINERAIRE SPIRITUEL ?
Je connais l'esprit caustique de certains des lecteurs de ce blog. Aussi ne parlerai-je ni d'hindouisme, ni de réincarnation...
Plus sérieusement, les bons lecteurs (ceux qui RELISENT...) peuvent trouver facilement dans les textes des indications très précises sur cet itinéraire.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 02:01, le ven 29 sep 2006 dans A2. Les trois ITINERAIRES |
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*L'INDE à PARIS en Octobre 2006 :
* 10/10/06 : POETES, SALTIMBANQUES, MUSICIENS
TZIGANES de l'INDE :
- Lieu : Cité de la Musique, 221, av. Jean Jaurès, M° Pte de Pantin.
- Salle des concerts à 20h, le 10 octobre.
- Tél : 01.44.84.44.84 (Réservations). Entrée plein tarif : 22 €.
- Programme :
- Le Pabuji Pad des Bhopas Nayaks, caste des Bhats
- Narayanan, jongleur et saltimbanque
- Les Kanjars
- Les Yogis Naths
- Danse derhu, des Nayiks.
* L'ART du TIBET, exposition, jusqu'au 19 novembre :
- Ville : Bruxelles (Belgique).
- Lieu : Musées royaux d'Art et d'Histoire, parc du Cinquantenaire.
- Horaires : Mardi à Dimanche : 10h à 17h.
- Exposition temporaire : de la collection Léon Verbert, avec 56 thang-ka (mandalas), des bronzes, des objets rituels, des instruments de musique.
- Entrée : 5 € plein tarif, 4 €, 2 €.
- Prolongation jusqu'au 19 novembre 2006.
- Infos : http://www.kmkg-mrah.be/newfr/index.asp?id=546
* NUITS de l'INDE, du 24/10 au 01/11/06 :
- Lieu : SATELLIT Café, 44, rue de la Folie Méricourt (11e)
- Horaires : Ouverture 20h, concert 21h;
- Tarifs : 8/10 €.
- Tél : 01.47.00.48.87 (Infos, réservations).
1/ KERAP, Gitans du Rajasthans :
- Dates : 24 et 25 octobre 2006.
- Musique des Marwars.
2/ PABAN DAS BAUL :
- Dates : 31 octobre et 1er novembre 2006.
- Artiste du métissage, il joue accompagné de musiciens bauls et d'autres venant du Rajasthan.
- Infos sur : http://spectable.com/paban-das-baul-nuits-inde-3/d_10031.php
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Publié à 05:30, le jeu 28 sep 2006 dans S2. L INDE a PARIS (Oct. 2006). |
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* Rubrique : L'INDE à PARIS septembre 2006 :
Cette rubrique mensuelle a pour but d'annoncer :
- les évènements (fêtes, expos, concerts, conférences...)
- les livres, les films
- les lieux (musées, sites internet...) concernant l'INDE à PARIS.
* Dimanche 3 septembre : FETE de GANESH :
- Lieu : 72, rue Philippe de Girard, M° Marx-Dormoy, La Chapelle.
- Heures : à 9h, début des cérémonies ; à 11h, début du défilé, qui empruntera les rues des quartiers : La Chapelle, Gare du Nord.
- R.V : à 10h50, en face du 72, rue Philippe de Girard.
- Infos sur : http://perso.orange.fr/temple.hindou/fetegan.htm
- Compte-rendu avec 36 photos dans ce blog.
* Dimanche 3 septembre : L'INDE MYSTIQUE (Film) :
- Lieu : La Géode, M° Porte de la Villette, Porte de Pantin.
- Heure : 20h30.
- Dernière séance le 3 septembre.
* CINEMA : WATER, film de Deepa Mahta, à l'affiche en septembre :
- Inde, 1938.
Un père réveille sa fille de sept ans, mariée, pour lui apprendre qu'elle est veuve...
* L'ART du TIBET, exposition, jusqu'au 19 novembre :
- Ville : Bruxelles (Belgique).
- Lieu : Musées royaux d'Art et d'Histoire, parc du Cinquantenaire.
- Horaires : Mardi à Dimanche : 10h à 17h.
- Exposition temporaire : de la collection Léon Verbert, avec 56 thang-ka (mandalas), des bronzes, des objets rituels, des instruments de musique.
- Entrée : 5 € plein tarif, 4 €, 2 €.
- Prolongation jusqu'au 19 novembre 2006.
- Infos : http://www.kmkg-mrah.be/newfr/index.asp?id=546
* Sam. 23, dim. 24 sept. : FESTIVAL CULTUREL du TIBET et des peuples de l'Himalaya.
- Lieu : Pagode du Bois de Vincennes, 40 route circulaire du lac Daumesnil, Paris 12ème. M° : Porte Dorée, Liberté. Bus : PC.
Parcours fléché à partir du métro.
- 23/09 à 20h30 : Concert pour la Paix avec Lama Gyourmé, accompagné de Jean-Philippe Rykiel et de nombreux artistes tibétains. Prix : 23 €.
- Forfait entrée/jour au festival : 3 €.
- Infos sur : http://www.tibet-info.net/festival/index.php
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Publié à 05:23, le dim 3 sep 2006 dans S1. L INDE a PARIS (sept. 2006) |
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C'est la fête de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, à Paris.
Après un voyage en juillet-août en Inde, cette fête - dimanche 3 septembre 2006 - est une excellente transition à ma Vita Nova.
Elle se divise en deux parties :
- De 9h à 10h30-11h, les cérémonies au temple de Ganesh, 72, rue Philippe de Girard.
- De 11h à 15h, un défilé avec chars, arches, enseignes et musiciens dans les rues entre Marx Dormoy, La Chapelle et Gare du Nord.
Sous le porche et dans la cour du temple de Ganesh, les Tamouls sont majoritaires.
Des femmes en sari portent sur la tête une brassée de feuilles surmontée d'une coupelle de terre cuite, dans laquelle brûle du camphre :
D'autres portent une plante ornée.
Des hommes torse nu, en pagne blanc, testent le kavadi, une arche de bois bleu, décorée de tissus colorés, de feuilles et de fleurs, et de magnifiques plumes de paon. Avant le départ du défilé, on leur passera autour du cou une guirlande de fleurs.
A gauche dans la cour, un tréteau présente des corbeilles d'offrandes, à la vente, qui contiennent bananes, noix de coco, bâtons d'encens,...
Deux chars, où des idôles et un prêtre sont nichés, attirent fidèles et photographes :
Les fidèles présentent leur offrande au prêtre assis, qui leur marque le front, les bénit. Ce nabab expédie les affaires du Ciel avec talent :
Un prêtre debout l'assiste, transmet les corbeilles, tranche les noix de coco à la machette.
Je joue au photographe.
Quelques Occidentaux préfèrent jouer aux dévots hindouistes : un homme, le visage enveloppé d'un foulard jaune, et plusieurs femmes servent comme porte-enseigne. Eléphants, taureaux ou fleurs ornent les enseignes.
Les photographes s'en donnent à coeur joie. Certains appareils ont la longueur de la trompe de Ganesh. De plus, une équipe de télévision ou de cinéma s'organise en vue du défilé de 11h.
La foule est très dense, mais disciplinée. Deux ou trois hommes, dont un décapiteur de noix de coco, râlent pour un oui ou un non, râlent par besoin de râler, mais on ne fait guère attention à leur petite colère.
Je trouve les visages bien sérieux, en particulier celui des femmes, certains sont même renfrognés. N'est-ce pas la fête ?
Heureusement, je trouve des personnes assises derrière un char, qui chantent ensemble sous la direction d'un vieil homme à lunettes plein d'allant.
Je m'assieds parmi elles. Quelques musiciens arrivent peu à peu, s'installent, avec des tambourins, des crécelles, des coupelles métalliques et des castagnettes rectangulaires.
Moment de détente, à écouter les chants et la musique.
Puis je repars en quête de photos.
Des flambeaux portatifs, très utiles pendant le défilé, sont alimentés par des garçons.
Une femme en tunique rouge, une arche sur les épaules, danse devant un char, tente d'entrer en transe. Mais personne ne la regarde, et elle s'arrête.
Je passe et repasse devant les mêmes femmes, porteurs, enfants.
Est-ce la fête de Ganesh ?
Tout cela me semble un peu terne, trop sérieux. La joie qui m'habite rue dans mon corps pour trouver une issue. Les gens restent sur leur quant à soi. Aucune allégresse pour renverser les différences, créer des passerelles entre les personnes présentes, faire sauter les bornes du sérieux.
Pauvre Ganesh, ton peuple manque de folie mystique !
Soudain, des cris retentissent. Les porteurs ont formé une double rangée autour de leur corde. Et le premier char démarre, traverse la cour, sous le porche, tourne à gauche dans la rue Philippe de Girard.
Après avoir récupéré mes sandales, déposées sur le trottoir, je ne suis pas le convoi, qui très lentement remonte la rue vers la place de la Chapelle.
J'ai donné rendez-vous à des amis devant l'entrée du temple. Eric arrive une demi-heure plus tard. Nous passons le temps à boire un jus rose sucré et à manger le riz servis dans la rue à tout le monde.
Après une heure, mes autres amis étant toujours absents, nous décidons de rattraper le cortège. C'est chose faite après la place de la Chapelle.
Très vite, Eric n'arrive pas à me suivre, et nous nous perdons dans la foule. Je me glisse à l'intérieur du cortège, ce qui me permet de remonter jusqu'au second, puis jusqu'au premier char. Je retrouve successivement les chanteurs, les musiciens, les porteurs d'arche et les porteuses de flamme.
Je circule au milieu de la voie, comme il me plaît, remonte le convoi, ou me laisse dépasser par lui.
Quelques regards me vont droit au coeur.
Mais le Canon faiblit. Si j'économise la batterie, je peux espérer faire dix à quinze photos avant qu'elle me refuse tout service. Et je devrai quitter le défilé pour la recharger chez moi.
Peu avant le demi tour du convoi, des musiciens soufflent dans leurs instruments à vent, flûtes et nageshvaram, accompagnés de joueurs de tambours, ce qui donne un joyeux "jazz-band".
La foule est très dense. Certaines distributions mettent un peu de mouvement dans un convoi serein, très bien organisé.
Les Parisiens apprécient beaucoup ce défilé de Ganesh, empruntant les rues de "Little India".
Ma batterie est presque à plat, je vais devoir revenir chez moi. Auparavant, je prends mes derniers clichés.
Sur le trajet, des noix de coco ont été empilées en tas, à intervalles réguliers sur la chaussée.
Quand le cortège arrive à quelques mètres d'une réserve, des hommes empoignent les noix de coco, les jettent sur le bitume de toutes leurs forces. Elles éclatent avec un bruit sec, éclaboussent les photographes qui se précipitent pour fixer la scène.
Les fidèles offrent leur vie en offrande à Ganesh : leurs corps éclatent et leurs âmes jaillissent sur le trottoir...
La mort est une coque vide qui ruisselle de blancheur.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 05:09, le dim 3 sep 2006 dans R. FETE de GANESH a PARIS |
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Il y a deux mois j'ouvre un blog à Delhi.
Ces deux mois ont été magnifiques.
De l'avenir, je n'attends rien.
Le présent me suffit.
Comme dans l'Himalaya, je respire avec bonheur.
J'ai goûté à la liberté
je ne saurai plus m'en passer.
La naissance d'un écrivain se fête !
J'ai deux mois, un âge idéal pour écrire, non ?
A sa naissance, Siddharta - le futur Bouddha
fait sept pas et proclame :
"Je suis le premier et le meilleur !
Je viens mettre un terme à la souffrance
à la maladie et à la mort !"
Moins précoce, j'attends 44 ans pour annoncer :
"La mort n'a aucune importance.
Il faut rêver sa vie, vivre ses rêves !"
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:56, le dim 3 sep 2006 dans Q2. FAIRE PART de NAISSANCE ELECTRONIQUE |
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Paris-sur-Seine est ma ville préférée en ce monde.
J'ai la chance d'y habiter.
Ne croyez pas ceux qui prétendent que Paris est invivable !
J'en rigole chaque matin en me brossant les dents...
Mais à Paris, je campe.
Psychiquement, je suis relié à l'Asie.
A l'Inde d'abord, dont la connaissance progressive m'enchante.
A la Chine, que je rêve de découvrir un beau jour.
Paris, l'Inde, la Chine : telle sera ma triade spirituelle dans quelques années.
Présentement, à Paris, je campe.
Je vais accrocher au mur deux magnifiques mandalas.
Je vais reprendre mon travail de professeur d'histoire, retrouver des élèves.
Cela me fait sourire.
Que vais-je leur raconter à tous ces éphémères ?
L.B.
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Publié à 04:53, le ven 1 sep 2006 dans Q1. A PARIS, je CAMPE |
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De PASSAGE à DELHI
Me voici de nouveau à Delhi
dans les rues grouillantes de Paharganj
ce dimanche je marche au soleil et déclenche
une myriade de "Excuse me !"
celui-ci veut me transporter en taxi
n'importe où - ou nulle part
celui-là veut me vendre du hasch
un autre se vendrait pour quelques roupies
je n'ai pas l'âme tendre, pour tous :
le livre des délits et des peines !
Aux dealers, ces poulets maléfiques
je tordrai volontiers le cou...
Me voici de nouveau à Delhi
parmi une nuée d'Occidentaux
avides de dépenser leurs roupies
pour des fringues spécialement fabriquées
de piètre qualité, mais rémunératrices
ces délirants déguisés sont démangés
par des piqûres d'insectes
par des troubles du sommeil
leur peau est délicate, mais le remords les délite
Me voici de nouveau à Delhi
j'ai le coeur en bataille et l'âme ouverte
tous ces groupes d'humanoïdes en délire
troupeaux que l'on mène
tantôt à la mangeoire, tantôt à l'abattoir
les égoûts déversent leur puanteur
j'entends le souffle des maudits de Delhi
geindre sur des lits de souffrance, d'agonie
survivre est doux parmi tant de misère
Me voici de nouveau à Delhi
les écrans reflètent une lumière froide
dans les cyberboutiques, où certains passent leur vie
Pourriez-vous me donner l'heure
à Tel-Aviv ou à Hong-Kong ?
à New-York, à Paris ou à Johannesburg ?
les heures glissent à l'envie sous les souris
la nuit protège les cruxifiés du temps
En esprit je salue la Solitude
qui me sourie
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:49, le lun 28 aoû 2006 dans P. De passage a DELHI |
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SRAVANABELAGOLA
Si je dis Jaisalmer ? Ou Sravanabelagola ? - Silence...
Si je dis : Ranakpur ? Mount Abu ?
Ceux qui ont voyagé dans le Rajasthan s'agitent : "Les Jaïnas !"
Exact ! Mais la liste peut se prolonger avec : Gwalior, Sonagiri, Khajuraho, Mandu... sans compter l'Inde du sud...
Les temples jaïns sont admirables. Les souvenirs de 2003, associés à ceux de 2005, sont assez vifs pour m'inciter à commencer ce texte.
L'amour des Jaïns pour leurs temples est une évidence, même pour un novice. Avant 2003, je ne connaissais rien du jaïnisme. Cette découverte a été l'un des chocs inoubliables de ce premier voyage.
La beauté ne peut s'expliquer, elle est.
Mais après l'avoir croisée, on peut en prolonger le souvenir en y songeant, même des années plus tard. Et écrire en son honneur des écrins de mots, dont les poèmes sont les plus subtils.
Au Karnataka l'an passé, j'ai découvert SRAVANABELAGOLA.
"L'Ermite du lac blanc" peut se visiter selon trois axes :
- La colline principale, celle de la statue. La plupart des touristes s'en contentent.
- L'autre colline, aussi intéressante, en réalité.
- La ville, qui fourmille de temples, monastères, et autres curiosités.
Je fais la grimpette de la colline Vindhyagiri (j'ai dû être une chèvre dans une vie antérieure). En s'élevant peu à peu pieds nus par l'escalier, une rampe interminable tout en zigzags, on repère tous les sites à visiter plus tard : sur l'autre colline et dans différents quartiers de la ville. Le grand bassin est un bon point de repère.
Une sorte de plan grandeur nature apparaît. Voilà ce que c'est que prendre de la hauteur ! (d'ailleurs, ni l'office du tourisme, ni personne ici n'a de plan).
La première enceinte fortifiée débouche sur un monastère abritant plusieurs statues de saints jaïns.
Temples, pavillons et oratoires sont éparpillés à flanc de colline.
J'allais dans l'allégresse d'un pavillon à un temple, d'une haute colonne à un rocher, d'une sculpture à des lichens d'un mauve délicat.
Un grand rapace passa deux ou trois fois au ras du sol, décrivant d'amples courbes dans l'espace.
Comble de chance, j'étais presque seul, car ce flanc de colline vers l'Ouest s'écartait de la montée principale.
Exaltation du chasseur d'images, dans la beauté de la nature et des oeuvres d'architecture.
L'un des temples est de pur style dorien, sans doute venu directement du Péloponnèse, parachuté par Parthénon Airlines, pour se planter en terre indienne !
Retour à l'escalier central. Depuis la ville, des porteurs permettent aux malades, aux personnes âgées, ou aux fatigués de naissance d'accéder jusqu'au temple du sommet.
Montée jusqu'à la seconde enceinte après le franchissement de plusieurs arcs et portes.
Etrange... La tête de Bahubali, le saint jaïn, dépasse de la muraille du temple supérieur !
Autre surprise, en entrant dans la cour du temple, la statue est prise d'assaut par des échaffaudages, grimpant jusqu'à son sexe...
Comme dans "Les voyages de Gulliver", à son réveil le héros se retrouve ligoté par l'activité des Lilliputiens. En fait, comme tous les 12 ans, on va laver entièrement la statue du premier Tirthankar en signe de purification. Dans quelques jours, les échaffaudages atteindront la tête.
Sous la galerie, des dizaines de statues de tirthankars trônent dans l'obscurité, tandis que dans la cour les fidèles prient, orientés vers l'énorme statue blanche.
Une douzaine d'ouvriers complètent le réseau complexe des échaffaudages.
Dans la cour, des ouvriers s'activent au milieu des pierres sculptées, puis lavent des gamelles. Je remarque une famille de Jaïns en prière.
Le père montre les rites à son grand fils, lit dans son livre grand ouvert, tandis que la mère chantonne, approuve de la tête.
Avant mon départ, j'assiste au décompte de l'argent versé dans les troncs par les donateurs.
Deux soirées de suite, je photographie de somptueux couchers de soleil, non pas roses comme à Hampi, mais jaunes, oranges, bleus cobalt avec d'étranges mélanges de couleurs.
A chaque fois, je descends de la colline avec un optimisme à son zénith, impatient du lendemain.
L'autre colline, Chandragiri, est moins haute, mais accueille un monastère dont l'enceinte regroupe 14 temples.
Dès le porche d'entrée, le spectacle est superbe : deux colonnes jaillissent du sol pour symboliser la verticalité du lieu, quatre temples sont accrochés à la roche, de ravissants pavillons abritent des stèles, et une statue de Tirthankar, à laquelle manque les jambes, s'appuie sur un tas de cailloux.
Parmi les quatorze temples, mon préféré est le Chavundaraya, un exemple d'architecture Ganga du Xeme s. C'est un observatoire idéal.
Depuis sa terrasse, la vue est superbe sur le site, les collines et les vallées environnantes.
Sculpture du toit du temple Chavundaraya.
Des nonnes jaïns en toges blanches, passent de temple en temple, un balai de plumes de paon à la main.
Des ouvrières transportent des gravâts dans une corbeille en équilibre sur leur tête à travers ce chantier perpétuel.
Pendant que les ouvriers font leur pause repas, je monte sur la muraille pour photographier la vallée, d'où remontent les "tap-tap" des lavandiers, qui travaillent au bord d'un étang.
Alors que je visite les derniers pavillons et temples, ma batterie clignote, puis me lâche. Cela tombe bien car au bout de cinq heures de visite, je suis affamé.
En ville, entre les deux collines, plusieurs temples sont proches de la place principale :
- Le Mangayi construit vers 1325, dont la structure est très simple. Autour, des cabanons où logent des nonnes jaïns. Un Jaïn entièrement nu, tenant une grosse théière et un balai, nettoie devant lui, puis entre dans le temple en chantonnant.
- Le Bhandari, du XIIeme s, dont le porche d'entrée est égayé de guirlandes de drapeaux multicolores, suite à une fête sans doute.
A l'intérieur, on croirait des décorations de Noël !
A la sortie, un Jaïn nu ("habillé de Ciel") passe dans la rue et entre dans une maison qui donne sur la place.
- De l'autre côté de la place, un temple magnifique, possède une entrée encadrée de dorures.
Son intérieur est chaleureux grâce au plancher de bois, à une verrière zénitale, aux nombreuses sculptures et fresques.
De vieilles fresques couvrent les murs comme des bandes-dessinées multicolores.
Elles racontent l'histoire des Jaïns avec des détails savoureux sur leur vie quotidienne, les travaux des champs, les loisirs comme la chasse, ou sur les grandes réunions.
Portes, colonnes et sculptures sont superbes.
A suivre...
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:35, le sam 26 aoû 2006 dans O. SRAVANABELAGOLA, l'ART des JAINA (I) |
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La MOUSSON, çA MOUILLE et ApRèS ?
Quand il pleut des heures, quand il pleut des jours, vous vous dites : c'est la mousson, ainsi va l'été en Inde. Il faut s'y faire...
Je réponds, non ! Je ne veux pas m'y faire ! Je refuse l'acceptation de l'inévitable !
La flotte, je l'ai subie pendant les six jours passés à Dharamsala. Pas un septième !
Ce septième jour, j'arrive à Rishikesh... mais la mousson aussi...
En sortant d'un cybercafé, je constate qu'il pleut des cordes, des hallebardes, à verse, comme vache-qui-pisse, un vrai déluge... J'ai failli revenir me réfugier en face d'un écran d'ordinateur. Typique, non, cette facilité cybernétique ? Quand la pluie vous hérisse le poil, bienvenue dans le cyberespace ! J'avais lu deux mels, répondu à l'un. L'autre pouvait attendre...
Mieux vaut affronter l'orage. Le temps de rentrer à l'hôtel je suis trempé. J'adore les douches, celle-ci autant qu'une autre.
Pourquoi apprécions-nous moins les douches publiques, offertes gracieusement par l'atmosphère ?
Ecrivons donc sur la pluie ! C'est la vengeance d'un aquaphile. Les grondements de l'orage ne l'empêcheront pas de jouir en écrivant. De la terrasse de l'hôtel, je regarde un rideau de pluie, doublé d`un rideau de brouillard.
Ouvrons les rideaux...
A quoi bon continuer à fuir ? La vitesse des trains et des bus en Inde est si faible que la mousson finira toujours par me rattraper ! Puisqu'elle me tient, je peux la tenir comme sujet d'écriture.
Restons assis devant cette table de jardin, écrivons.
En Inde, j'aime de plus en plus rester béatement sous la pluie. La température étant chaude, voire tiède, la pluie sèche vite. On ne ressent pas comme dans les pays tempérés cette désagréable sensation de froid, d'humidité qui se prolonge, à moins d'un séchage vigoureux.
Et puis la mousson est vraiment bénie des dieux.
Comment se réfugier dans son confort d'individu, coupé des forces élémentaires ? La pluie dégouline sur nos corps, la pluie nous traverse, elle nous irrigue, nous renouvelle, balançons nos vêtements dans le ciel ! Osons prendre une douche nus, en public, comme si nos salles de bain de cosmonautes bourrés de cosmétiques étaient envoyées dans le cosmos pour un voyage sans retour !
Voyez dans les films indiens, les saris mouillés par la pluie révélant par transparence la plastique himalayenne des héroïnes. Comment un spectateur sensible pourrait-il en vouloir à la pluie ?
Tout le monde en rêve, mais personne ne l'ose.
Remédions à ces inhibitions et cassons les salles de bain !
Quand la pluie commence, sortie immédiate comme Dieu nous a fait, avec savon ou shampoing, pour les plus cradingues.
Prendre une douche à poil sous la pluie quel bonheur ! Si ce bonheur est partagé, tant mieux !
Le parapluie est une invention inutile. S'il pleut quatre fois dans la journée, prenons quatre douches ! Des idées d'écriture me viendront en voyant tous ces gens se réjouir sous la pluie.
Les limaces, les escargots en profitent. Les plantes s'en délectent, s'ouvrent, accueillent cette eau divine. Et nous serions les seuls êtres de la Création à faire la grimace, à ronchonner ?
La mousson ça mouille, et après ?
Profitons de douches gratuites, offertes par le Ciel pour décrasser nos épidermes poussiéreux, nos cuirs de rhinocéros, quelque peu inhibés.
Et tout en chantant sous la pluie, vous me bénirez pour cette chronique.
P.S : Comment écrire avec papier et stylo sous une averse ?
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:23, le ven 25 aoû 2006 dans N. La MOUSSON, ca MOUILLE |
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DHARAMSALA ou la ROUE du TEMPS
Tenzin, jeune femme tibétaine, suit des cours le matin et l'après-midi s'occupe de l'accueil du Musée de la Culture tibétaine, où je l'ai rencontrée. Notre conversation en anglais se prolonge deux heures.
J'avais passé la matinée au sud de Mac Leod Ganj dans l'enceinte du Temple principal. Le Temple Kalachakra (La Roue du Temps) me plaît immédiatement. Je m'y assieds pour admirer les fresques murales illustrant la vie de Bouddha et la Roue du Temps. Celle-ci tourne sans défaillance, comme l'abat-jour circulaire du Temple, grâce à la combustion d'une bougie.
Combustion d'une bougie : vie humaine, brève vapeur.
Pendant ce temps, des moines bouddhistes en tunique pourpre entrent dans la salle principale, s'asseyent sur d'épais coussins posés sur le sol. Une petite chaise ou un meuble-bas soutiennent les manuscrits devant eux. Certains moines portent des cheveux courts, d'autres sont carrément rasés. Une étoffe orange est jetée par-dessus leur épaule. Ils psalmodient à mi-voix en lisant leur manuscrit sans s'occuper de l'entourage. Beaucoup se balancent légèrement d'avant en arrière. Peu à peu, ils marmonnent plus fort, entrainés par le flux de prière. Avec une quarantaine de moines, cela fait monter le niveau sonore du Kalachatra. Presque tous se balancent en cadence.
Je sors récupérer mes sandales, fais tourner les tambours à prières, attentif à n'en oublier aucun.
Leur dorure est patinée par l'usage.
Le balcon offre une vue sur la vallée, complètement bouchée par un brouillard presque solide. A frustrer un photographe amateur de beaux paysages.
A côté, on peut voir dans la chapelle principale, assez récente, de grandes statues bouddhiques.
Des claquements de mains m'en font sortir très vite. Ce sont les moines du monastère, qui s'exercent sous les portiques à débattre de philosophie bouddhique.
Je m'assieds dans un coin de la galerie. Des nappes de brume s'infiltrent partout, la vision diminue à vue d'oeil... Où sont les moines ? Je les entends discuter, claquer des mains - vision fugitive de taches lie-de-vin par des trouées dans l'épais brouillard...
La Roue du Temps tourne...
Sonné, je sors du Musée du Tibet comme un automate.
Les atrocités de l'armée chinoise palpitent dans mon cerveau avec une féroce précision. Il pleut comme vache-qui-pisse, tant mieux ! cela fera baisser ma température.
VIVE LE TIBET LIBRE !
Capuche rabattue, je fonce sous le déluge. Il suffit de descendre vers Dharamsala pendant une vingtaine de minutes, comme un torrent.
Mon but est Gangchen Kyishong, où sont regroupés les bâtiments du Gouvernement du Tibet en exil.
J'y arrive trempé.
Déjeuner à l'intérieur du Nechung Cafe, je ne suis pas tenté par la terrasse. A 14h, le Tibetan Cultural Museum rouvre.
Après une demi-heure de visite, j'engage la conversation avec Tenzin, car nous nous sourions à chaque fois que je passe près de son bureau. Très vite, elle m'invite à m'asseoir, puis elle m'offre un thé. Deux heures passent en éclats de rires, en discussions échevelées. Son français n'est pas fameux. Mais je persévère avec : "Merci beaucoup pour le thé !"
Je regarde ma montre : 16h45 ! Je m'excuse, promets de revenir le lendemain et file au monastère Nechung, en contrebas de la Library.
Deux lions sculptés encadrent l'entrée du temple du monastère.
Photos. Une petite Tibétaine voudrait que je la photographie. Assis sur un muret, je nous photographie.
Cela peut aller... Un chien assiste à la scène, qui semble l'intéresser, puis s'allonge.
Quand j'entre dans le Temple, les deux ou trois visiteurs sont repartis. Sur le seuil, un jeune moine est penché sur une pendule de table. D'après ma montre, cette pendule retarde. Vais-je lui indiquer l'heure ? Mais le moine consulte sa montre, puis manipule la pendule. Je me contente d'entrer, de m'asseoir en silence sur un tapis de sol. Sur les tapis ou sur le sol, des instruments de musique sont éparpillés. Il ne manque que les musiciens.
Et je les imagine, de pourpre vêtus : ils s'asseyent sans remarquer ma présence, commencent un concert improvisé. En fermant les yeux, on entend mieux l'itinéraire des mélodies, l'enchaînement des parties...
Dans le silence retrouvé, des cris d'oiseaux, qui tournoient à coeur joie au-dessus du monastère, percent. Et le moine ? Il regarde sa montre, farfouille derrière la pendule. Un horloger lui serait utile. Nulle envie de parler, de lui parler.
A la sortie du Temple, surprise : le ciel s'est éclairci. Trouée bleu ciel, très claire, qui ravive cette fin d'après-midi.
En contrebas, l'allée dessert les logements des moines. Pour l'heure, ils s'occupent à débattre par groupes de deux ou trois.
Chacun s'exerce, rode ses arguments, affine sa dialectique, ponctue ses phrases en claquant des mains avec ostentation. Ce geste tient une grande place dans leurs discours. On dirait parfois des joueurs de tennis, préparant avec jubilation un service, de préférence un ace... La frappe des mains importe beaucoup, le mouvement doit être juste, élégant, aboutir à un claquement incisif. Un coup de menton l'accompagne souvent, signifiant : "Que penses-tu de ceci ? Pas mal, non ? Fais mieux si tu peux !" Mais le moine ne réussit pas un ace à chaque fois... La joie est palpable. Les sourires s'échangent avec facilité. Un interlocuteur peut faire une moue peu appréciative. Et le moine trouve un nouvel argument, balance des épaules, écarte les doigts, se persuade d'avoir trouvé l'idée-massue qui va écraser définitivement son contradicteur.
Les groupes se défont, se reforment différemment, les arguments reprennent, légèrement modifiés. Les moines débattent. Leurs tuniques pourpres s'agitent dans l'allée avec de grands mouvements de manches et de bras, comme des échassiers qui prennent les derniers rayons du soleil couchant.
Au Musée, j'ai discuté avec Tenzin à propos de mandalas. Avalokiteçvara, le bodhissatva de la Compassion, possède onze têtes, pour mieux voir toutes les souffrances de ce bas monde. Quelle optimisme !
La Roue tourne... Tenzin, je suis persuadé que les Tibétains vont retrouver leur liberté. La démocratie est en marche.
Dans deux ans, je veux voyager en Chine. J'espère que d'ici 2008 de grands évènements auront commencé leur oeuvre.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:08, le mer 23 aoû 2006 dans M2. DHARAMSALA ou la ROUE du TEMPS |
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VIVE le TIBET LIBRE !
Frères Chinois, méfiez-vous du nationalisme !
Le Tibet n'est pas la Chine !
La Chine n'a pas besoin du Tibet pour vivre.
Les Chinois ne seront pas libres
tant qu'ils écraseront les Tibétains.
Frères Chinois, renversez vos oppresseurs !
Rendez la liberté aux Tibétains
persécutés, torturés, forcés à l'exil
minoritaires dans leur propre pays...
Les Chinois sont un grand peuple
veulent-ils continuer à opprimer les Tibétains ?
Que le peuple chinois se réveille !
Les gouvernements communistes ayant exterminés
1.200.000 Tibétains
sont des usurpateurs du peuple chinois.
Frères Chinois, combattez ceux qui prétendent
que la DEMOCRATIE n'est pas pour vous :
ce sont des ennemis du peuple chinois !
Car la démocratie vous appartient :
PRENEZ-LA !
Que peuvent des usurpateurs contre le peuple ?
N'ont-ils pas assez duré
ces gouvernements à l'idéologie préhistorique ?
Balayez-les !
Envoyez-les aux oubliettes de l'Histoire !
J'en appelle à la France, mon pays
j'en appelle aux Etats-Unis d'Amérique
j'en appelle à tous les peuples libres
qui ont su en leur temps
renverser leurs gouvernements d'oppresseurs :
BOYCOTT des JEUX OLYMPIQUES de 2008 !
Que tous les peuples libres agissent
contre un gouvernement d'oppresseurs !
VIVE le TIBET LIBRE !
Que je meurs de honte
si la France cautionne les Jeux
Olympiques de Pékin.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 04:01, le dim 20 aoû 2006 dans M1. VIVE le TIBET LIBRE ! |
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POèMe du TeMpS QUaLiFié
Ceci est un hymne au temps qualifié
un chant d'amour à l'univers
ne croyez pas ceux qui redoutent la mort
la mort est une énigme provisoire
qu'il faut savoir sauter à pieds-joints
sur la marelle d'une existence
Vivre libre est un cadeau que le Temps propose
beaucoup n'écoutent pas
trop attachés à leur servitude
Vivre libre est un cadeau que le Ciel délivre
à l'aurore, aspergeant de rosée chaque être
avec une magnanime abondance
Le sommeil est renaissance
au réveil, l'univers a fait peau neuve
la certitude de l'aurore
c'est Dieu créant le monde à chaque instant
comme une aurore perpétuelle
Le temps qualifié par la Joie - au travail
est le chemin
il murmure aux êtres attentifs à la réalité
de leurs rêves un message secret
délivré aux initiés que la liberté exalte
Plus pure sera la ligne spirituelle
plus profonds les poèmes
inventés dans l'extase à la verticale de l'être
polarisés par le Métronome
dont la danse de vie et de mort
donne le vertige aux fourmis humaines
Qui redoute l'Energie n'est jamais né
zombie parmi les êtres sans consistance
hante les limbes
non cet univers d'amour et de meurtres
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 03:51, le dim 20 aoû 2006 dans L2. POEME du TEMPS QUALIFIE |
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