HiStOiReS InDiEnNeS
VOYAGE REEL et IMAGINAIRE en INDE du N.O. (été 2006) : UTTARANCHAL (UTTARAKHAND), PUNJAB, HIMACHAL PRADESH. "Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination". (L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit).

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DHARAMSALA ou la ROUE du TEMPS (23.08.06). 15 PHOTOS.

 

 

 

 

DHARAMSALA

 

ou

 

la ROUE du TEMPS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tenzin, jeune femme tibétaine, suit des cours le matin et l'après-midi s'occupe de l'accueil du Musée de la Culture tibétaine, où je l'ai rencontrée. Notre conversation en anglais se prolonge deux heures.

 

 

J'avais passé la matinée au sud de Mac Leod Ganj dans l'enceinte du Temple principal. Le Temple Kalachakra (La Roue du Temps) me plaît immédiatement. Je m'y assieds pour admirer les fresques murales illustrant la vie de Bouddha et la Roue du Temps. Celle-ci tourne sans défaillance, comme l'abat-jour circulaire du Temple, grâce à la combustion d'une bougie.

Combustion d'une bougie : vie humaine, brève vapeur.

 

 

 

 

Pendant ce temps, des moines bouddhistes en tunique pourpre entrent dans la salle principale, s'asseyent sur d'épais coussins posés sur le sol. Une petite chaise ou un meuble-bas soutiennent les manuscrits devant eux. Certains moines portent des cheveux courts, d'autres sont carrément rasés. Une étoffe orange est jetée par-dessus leur épaule.  Ils psalmodient à mi-voix en lisant leur manuscrit sans s'occuper de l'entourage. Beaucoup se balancent légèrement d'avant en arrière. Peu à peu, ils marmonnent plus fort, entrainés par le flux de prière. Avec une quarantaine de moines, cela fait monter le niveau sonore du Kalachatra. Presque tous se balancent en cadence.

 

 

 

 

Je sors récupérer mes sandales, fais tourner les tambours à prières, attentif à n'en oublier aucun.

 

 

 

 

Leur dorure est patinée par l'usage.

 

 

Le balcon offre une vue sur la vallée, complètement bouchée par un brouillard quasi solide. À frustrer un photographe fou de paysages.

À côté, on peut voir dans la chapelle principale, assez récente, de grandes statues bouddhiques.

 

 

 

 

 

 

Des claquements de mains m'en font sortir très vite. Ce sont les moines du monastère, qui s'exercent sous les portiques à débattre de philosophie bouddhique.

 

 

 

 

Je m'assieds dans un coin de la galerie. Des nappes de brume s'infiltrent partout, la vision diminue à vue d'oeil... Où sont les moines ? Je les entends discuter, claquer des mains - vision fugitive de taches lie-de-vin par des trouées dans l'épais brouillard...

 

 

La Roue du Temps tourne...

Sonné, je sors du Musée du Tibet comme un automate.

 

 

 

 

Les atrocités de l'armée chinoise palpitent dans mon cerveau avec une féroce précision. Il pleut comme vache-qui-pisse, tant mieux ! cela fera baisser ma température.

VIVE LE TIBET LIBRE !

 

 

Capuche rabattue, je fonce sous le déluge. Il suffit de descendre vers Dharamsala pendant une vingtaine de minutes, comme un torrent.

Mon but est Gangchen Kyishong, où sont regroupés les bâtiments du Gouvernement du Tibet en exil.

 

 

 

 

J'y arrive trempé.

 

 

Déjeuner à l'intérieur du Nechung Cafe, je ne suis pas tenté par la terrasse. À 14h, le Tibetan Cultural Museum rouvre.

 

 

 

 

Après une demi-heure de visite, j'engage la conversation avec Tenzin, car nous nous sourions à chaque fois que je passe près de son bureau. Très vite, elle m'invite à m'asseoir, puis elle m'offre un thé. Deux heures passent en éclats de rires, en discussions échevelées. Son français n'est pas fameux. Mais je persévère avec : "Merci beaucoup pour le thé !"

 

 

Je regarde ma montre : 16h45 ! Je m'excuse, promets de revenir le lendemain et file au monastère Nechung, en contrebas de la Library.

 

 

 

 

Deux lions sculptés encadrent l'entrée du temple du monastère.

 

 

 

 

 

 

Photos. Une petite Tibétaine voudrait que je la photographie. Assis sur un muret, je nous photographie.

 

 

 

 

Cela peut aller... Un chien assiste à la scène, qui semble l'intéresser, puis s'allonge.

 


Quand j'entre dans le Temple, les deux ou trois visiteurs sont repartis. Sur le seuil, un jeune moine est penché sur une pendule de table. D'après ma montre, cette pendule retarde. Vais-je lui indiquer l'heure ? Mais le moine consulte sa montre, puis manipule la pendule. Je me contente d'entrer, de m'asseoir en silence sur un tapis de sol. Sur les tapis ou sur le sol, des instruments de musique sont éparpillés. Il ne manque que les musiciens.

Et je les imagine, de pourpre vêtus : ils s'asseyent sans remarquer ma présence, commencent un concert improvisé. En fermant les yeux, on entend mieux l'itinéraire des mélodies, l'enchaînement des parties...

 


Dans le silence retrouvé, des cris d'oiseaux, qui tournoient à coeur joie au-dessus du monastère, percent. Et le moine ? Il regarde sa montre, farfouille derrière la pendule. Un horloger lui serait utile. Nulle envie de parler, de lui parler.

 

 

À la sortie du Temple, surprise : le ciel s'est éclairci. Trouée bleu ciel, très claire, qui ravive cette fin d'après-midi.

 

 

 

 

En contrebas, l'allée dessert les logements des moines. Pour l'heure, ils s'occupent à débattre par groupes de deux ou trois.

 

 

 

 

Chacun s'exerce, rode ses arguments, affine sa dialectique, ponctue ses phrases en claquant des mains avec ostentation. Ce geste tient une grande place dans leurs discours. On dirait parfois des joueurs de tennis, préparant avec jubilation un service, de préférence un ace... La frappe des mains importe beaucoup, le mouvement doit être juste, élégant, aboutir à un claquement incisif. Un coup de menton l'accompagne souvent, signifiant : "Que penses-tu de ceci ? Pas mal, non ? Fais mieux si tu peux !" Mais le moine ne réussit pas un ace à chaque fois... La joie est palpable. Les sourires s'échangent avec facilité. Un interlocuteur peut faire une moue peu appréciative. Et le moine trouve un nouvel argument, balance des épaules, écarte les doigts, se persuade d'avoir trouvé l'idée-massue qui va écraser définitivement son contradicteur.

 


Les groupes se défont, se reforment différemment, les arguments reprennent, légèrement modifiés. Les moines débattent. Leurs tuniques pourpres s'agitent dans l'allée avec de grands mouvements de manches et de bras, comme des échassiers qui prennent les derniers rayons du soleil couchant.

 


Au Musée, j'ai discuté avec Tenzin à propos de mandalas. Avalokiteçvara, le bodhissatva de la Compassion, possède onze têtes, pour mieux voir toutes les souffrances de ce bas monde. Quelle optimisme !
La Roue tourne... Tenzin, je suis persuadé que les Tibétains vont retrouver leur liberté. La démocratie est en marche.
Dans deux ans, je veux voyager en Chine. J'espère que d'ici 2008 de grands évènements auront commencé leur oeuvre.

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

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Publié à 13:08, le 23/08/2006 dans M2. DHARAMSALA ou la ROUE du TEMPS
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